jeudi 9 octobre 2008

CHOISIR UN CORRESPONDANT

A QUI ADRESSER UN PATIENT


Il est assez difficile de prescrire ses correspondants en DCI et il est tout aussi difficile de connaître leurs excipients.

N’oublions pas que la majorité des adressages de patients se fait pour des raisons loco-régionales plus que pour des raisons de compétence. Le malade ayant sa part de responsabilité lui qui, comme disait Kouchner, peut faire 50 kilomètres pour acheter sa moquette, mais refuse de faire la même distance pour être opéré de l’appendicite. Les excipients des correspondants, toutes choses supposées égales par ailleurs (c’est à dire le principe actif), sont très importants au même titre que le conditionnement mais il ne faut pas confondre les bons et les mauvais excipients : comme je le dis souvent à mes malades, « Il vaut mieux aller voir un bon médecin désagréable qu’un mauvais médecin aimable » mais les deux qualités sont souhaitables. Qu’est-ce qu’un bon spécialiste ? Qu’est-ce qu’un mauvais spécialiste ?

Il peut s’agir d’un pur problème de compétence mais les études randomisées sur les spécialistes ne courent pas les rues…

La lettre du spécialiste est un bon moyen d’évaluation (mais il vient après coup) et il serait normal que le courrier d’adressage fût de qualité.

L’adressage aux correspondants est un sujet majeur des réunions de pairs car cela permet de discuter non seulement de la personnalité du correspondant éventuel (la forme pharmaceutique ou la couleur de la gélule ou la praticité du blister) mais aussi de ses pratiques (validité du diagnostic, traitements proposés, conseils délivrés) et de ses propres adressages.

L’adressage des spécialistes à un autre spécialiste est aussi un critère crucial : quand le cardiologue adresse au pneumologue, pourquoi le fait-il ? Pour la SCP ou pour la santé du patient (les dépassements d’honoraires sont un point important à considérer tant pour le spécialiste consulté que pour les futurs adressages) ?
Dans quel (le) hôpital / clinique adresse-t-il la patient ? Pour quelles raisons ? Et en a-t-il informé le médecin traitant auparavant ?

Tout MG ne peut pas avoir d’avis sur tout et, notamment, sur le degré de compétence réelle de ses correspondants : il ne peut être le spécialiste en toute matière sinon celui de son patient.
Prenons l’exemple des stents actifs dont l’usage et les indications ont fait l’objet de recommandations (et de réévaluation ) par la FDA [1] et de commentaires (un peu orientés par les fabricants de matériel mais pas inintéressants à lire) sur le site de theheart.com [2]. En résumé (pour votre cardiologue correspondant ou pour le service d’urgence où votre malade pourrait être adressé) êtes-vous certain que les indications de la pose de stent actif sont respectées (c’est hors indications, selon les recommandations de la FDA, que les complications sont les plus fréquentes) ? Etes-vous au courant de la qualité et de la longueur du traitement antiagrégant ? Réponse : six mois au moins d’aspirine / clopidogrel et plus si possible (un an probablement).
[1] http://www.fda.gov/cdrh/news/010407.html

[2] (http://www.theheart.org/article/760859.dothe heart.org

AVRIL 2007

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