jeudi 9 octobre 2008

LE NEPHROLOGUE ET COCKCROFT

UN SPECIALISTE QUI SERT A QUELQUE CHOSE
Alain Meyrier, consultant dans le service de néphrologie de l’Hôpital Pompidou, a écrit un éditorial dans le numéro du 27 février de la Revue du Praticien Médecine Générale[1] qui met du baume au cœur dans l’esprit de ses futurs correspondants en raison du ton et de l’humour qu’il a employés tout autant que des informations qu’il délivre.
Que dit-il ? Qu’il reçoit trop souvent des patients chez qui on découvre une insuffisance rénale sur la seule foi de la formule de Cockcroft. Et qui donne des conseils judicieux. Etonnant, non ?

Je résume l’affaire : Pour que la formule de Cockcroft fournisse une valeur proche de 100 mL/mn chez une personne âgée (même 60 ans) il faudrait que la créatininémie atteigne des valeurs très basses, ce qui ne s’observe que chez des gens très dénutris, à la masse musculaire misérable, puisque la source de la créatinine est le muscle squelettique. L’auteur ajoute avec humour : ces personnes sont certainement malades, mais pas des reins…

Conclusions pratiques : la clairance de la créatinine baisse avec les années avec une créatininémie à peu près normale ; si vous avez un doute : faites une bandelette urinaire et échographiez les reins : l’absence de protéinurie et une écho rénale normale confirment l’absence de néphropathie et éviteront d’encombrer les consultations de néphrologie.
L’intérêt de la formule de Cockcroft est aussi d’indiquer de se méfier des produits à élimination rénale comme la digitaline ou les aminoglycosides… Quant au patient diabétique : méfiez-vous de la metformine.

Ah, encore une chose,le titre de son article était : Cockcroft, que de C l’on commet en ton nom.

[1] Meyrier A. Cockcroft, que de C l’on commet en ton nom. Rev Prat MG 2007;21 (n°760/761):201
AVRIL 2007

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